Chocolat & Saucisson

Anna avait des rêves. Petite, c’est au travers de ses livres qu’elle les vivait. Elle rêvait d’aventures, d’espace, de pirates, de combats, de mers, d’épées, de planètes, de plages, de sable…

Elle est un peu sauvage. Elle voyage, beaucoup. Elle parcourt le monde. En avion à la façon de l’astronaute qu’elle aurait voulu être, en bateau à la façon du pirate qu’elle aurait voulu être… Elle est devenue Phileas Fogg, héro de son enfance.

Elle a fait de sa vie un voyage. Elle a fait de sa vie une passion. De sa passion sa vie.

Elle a vécu des amours aux quatre coins du monde. Pas durables mais souvent exceptionnels. Pas durable jusqu’à aujourd’hui.

Maintenant, il y a Pierre. Son ami d’enfance. Celui qui la faisait rire. Celui qui a lu tous ces livres avec elle. Celui qui a rêvé avec elle mais surtout de partir avec elle.

Ce rêve, il l’a toujours gardé enfoui, profondément. Il savait qu’il ne pouvait pas la retenir. Il avait refusé de lui enlever ses rêves. Mais il était persuadé qu’un jour elle comprendrait. Qu’un jour elle saurait que son âme sœur c’était lui.

Il a bien fait d’y croire. Il a bien fait de la laisser partir. Il a bien fait de se dire un jour : et si je provoquais enfin notre destin?

Et il a provoqué leur destin.

Elle refusait qu’il l’accompagne les jours de départ. Allez savoir pourquoi. Sans doute savait-elle qu’au fond cela le rendait triste. Elle acceptait qu’il vienne la chercher les jours de retour. Elle savait qu’il passeraient de merveilleux moments, qu’il se raconteraient leurs vies, qu’ils riraient, qu’ils seraient aussi proches que jamais.

C’est un de ces jours qu’il a pris son courage à deux mains.

Elle rentrait de Nouvelle Calédonie. Elle était partie pas loin de quatre mois cette fois.

Leur truc à eux quand ils étaient petits, et même plus tard : pique-niquer. Ils avaient leur petit rituel… le pique-nique dès que possible, dehors, en pleine campagne. Mais aussi à l’intérieur si le temps était à la pluie! Elle était sucrée, lui plutôt salé. Chocolat & Saucisson étaient les indispensables du panier!

Il avait décidé de l’inviter à un pique-nique au beau milieu de l’aéroport. Il avait récupéré le panier qui les accompagnait depuis toujours, leur couverture, rouge. Une bouteille de vin, du chocolat, du saucisson, un peu de pain… mais surtout… il lui avait écrit une lettre. Elle était posée sur le panier.

Il avait peur. Son cœur battait vite. La foule l’observait, là dans cette grande salle, presque au milieu de la nuit.

Elle était posée sur le panier, à côté d’une petite boîte.

Elle arrive et immédiatement le voit, lui. Elle l’a trouvé beau même s’il avait l’air un peu idiot assis sur cette couverture rouge.

Elle lui a sourit. Elle s’est approchée. Elle n’a pas dit un mot, lui non plus. Elle a pris la lettre et l’a lue.

Des mots forts y étaient couchés : amour, vie, tendresse, départs, voyage, bébé, pique-nique… mais surtout…

« Veux-tu être ma femme? »

Des sensations fortes parcouraient leurs corps. La peur chez lui, une douce chaleur chez elle. Le froid & le chaud.

Elle s’agenouilla devant lui. Des larmes sur son visage. A croire qu’elle attendait ce moment.



Les 10 mots à utiliser dans cet exercice étaient : Bébé, chocolat, mer, rêves, livres, nature, passion, voyage, sauvage, saucisson proposés par Audrina Barry

Un bouquin? Des cornichons au chocolat, Philippe Labro

Publié en 1983 sous le pseudonyme de Stéphanie, Des cornichons au chocolat est devenu un livre culte. Toute une génération s’est reconnue dans le journal de cette adolescente de treize ans : sa solitude et sa révolte, son regard dérangeant sur les adultes, l’école, le travail, et son goût discutable pour les sandwichs aux cornichons et au chocolat.
En réalité, le véritable auteur de ce livre n’est autre que le romancier Philippe Labro. A l’époque, par pudeur et par authenticité, il avait préféré se dissimuler sous la fausse identité de cette lycéenne inconnue – ce « je » féminin, pour laisser croire qu’il s’agissait d’un véritable document.
Vingt-quatre ans plus tard, Philippe Labro a décidé de reconnaître ce « roman caché » d’autant qu’il constitue le premier volet d’une trilogie féminine poursuivie avec Manuella et enfin avec Franz et Clara.
Les lecteurs et lectrices reconnaîtront en effet, dans Des cornichons au chocolat, la patte du célèbre romancier qui a su s’identifier à l’adolescence. On n’oublie pas facilement Stéphanie – un ton inimitable.

(Source : Babelio)

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