Quand je parle de moi, je parle de toi

Pam

A l’origine…

 

Je voudrais te raconter l’histoire de ce DM*, ses origines, parce que, contrairement à ce que tu pourrais croire, il vient de très très loin, une éternité, même, en temps Twitter.
Quelques mots sur moi, pour commencer, pas tellement par égocentrisme mais parce que je crois qu’en te parlant de moi je vais te parler un peu de toi.
J’ai passé une partie de ma vie dans des petites cases, souvent très étroites, toujours stigmatisantes. On a dit de moi que j’étais, je cite en vrac « originale, pas comme les autres, triste, dépressive, bipolaire, schizophrène, borderline, névrotique, surdouée, asociale, dérangeante. »
Je suis peut-être tout ça, un peu, mais, comme toi, je suis bien plus et je refuse qu’on me case dans une case, c’est trop facile et ça ne dit rien de qui je suis, vraiment.

Pendant 6 ans, j’ai été en « dépression sévère », j’ai fait trois mois d’HP, j’ai bouffé des antidépresseurs, des anxiolytiques, du lithium et autres joyeusetés qui rendent ton cerveau et ta vie mornes. Sans désir. Sans plaisir. Sans souffrance aussi, si ce n’est celle d’avoir l’impression de ne pas être vivante.

J’étais morte d’une certaine manière.

Et puis, un jour, alors que j’allais depuis 6 ans à mon rdv hebdomadaire avec ma psy, j’ai posé une question innocente :

– Madame, ça fait 6 ans que je vous parle, 6 ans que je prends des médicaments, est-ce que je vais guérir un jour ?

Pour avoir cette fabuleuse réponse : « Vous êtes dépressive à vie, vous ne pourrez plus jamais retravailler, vous prendrez des médicaments toute votre vie, vous ne pouvez pas vivre sans. »

J’ai payé, je suis partie, très en colère, et je n’ai plus jamais revu cette dame.

Le lendemain, c’était le 19 octobre 2013, je me suis brutalement sevrée de tout médicament.

Alors, écoute-moi bien, je ne suis pas en train de te dire que les médicaments c’est de la merde, ils m’ont sauvé la vie, je dis juste que quand ça dure plus d’un an, quand l’urgence est passée, il y a peut-être moyen de faire autrement, ça se tente.

Si tu te souviens un peu de mon thread sur le cerveau, j’explique en gros que ce sont les croyances qui font la réalité. Si j’avais cru ma psy, je ne serais pas là à te parler. J’aurais accepté le diagnostic et je me serai définie comme cause perdue. Dépressive à vie.

Ce n’est pas ce que j’ai fait.

Parce qu’on peut désespérer de la vie et, aussi, l’aimer infiniment.

J’ai lu, j’ai regardé des vidéos, je me suis intéressée à la pensée positive, au fonctionnement du cerveau, j’ai fait de mon mieux pour me « sauver » toute seule.

Et, si je devais résumer, je dirais que j’ai appris à me concentrer sur le positif.

Alors, non, putain, c’est pas facile du tout.

Mais ça marche.

C’est un long travail que de changer ses habitudes de pensée, surtout quand on est fatigué, surtout quand on est malade, mais ça fonctionne.

J’ai chaque jour, pas après pas, cherché le beau et le bon autour de moi, ces #PetitsBonheursDuJour qui me sont si précieux.

Et, plus je les trouvais, plus je les trouvais 🙂
Pour rappel, le biais cognitif principal du cerveau, c’est le biais de confirmation. Ton cerveau cherchera TOUJOURS à prouver que tu as raison en sélectionnant dans ta réalité ce qui va dans le sens de tes croyances les plus fortes.

Voilà le pourquoi des petits bonheurs du jour, voilà le pourquoi du #JeNeChougnePasChallenge, j’ai la croyance que si j’y suis arrivée, d’autres peuvent y arriver. J’ai la croyance que quand j’aide quelqu’un, même si ce n’est que la petite goute d’une interaction Twitter, un bisou, un sourire, une pensée affectueuse, une présence : ça compte.

Et puis est venue la fin de l’année 2017, avec une vie personnelle affectée par des circonstances douloureuses et un début de 2018 également difficile à vivre, je ne rentre pas dans les détails, ce n’est pas le but de ce texte, mais j’ai envie de te donner les circonstances de ce qui a abouti au Challenge et au DM.

Je constate, en ce début 2018, qu’il m’est très difficile de rester connectée aux petits bonheurs, ce que je ressens, physiquement, moralement, c’est que, à nouveau, je suis rentrée dans une période de dépression. Ce n’est pas grave, je m’en suis déjà sortie, mais c’est douloureux, parce qu’en même temps il faut gérer le quotidien, les enfants, faire rentrer de l’argent, continuer à travailler parce que mon statut ne me permet pas de cesser de travailler. Alors il faut que je m’accroche, à nouveau, à ce qui est beau et bon mais je dois faire quelque chose de plus : cesser de me plaindre. Et ça n’est pas la partie la plus simple, ce n’est pas par hasard que je m’appelle Pamela CHOUGNE 🙂

Alors je mets en place ce challenge, par défi, parce que je me dis que si je l’annonce sur Twitter, j’aurai quelques followers qui ne me louperont pas si je me mets à chougner (ils ne m’ont pas déçue!).

Et là, très vite, Céline arrive et demande s’il existe un DM de soutien.

C’est une merveilleuse idée et c’est elle qu’il faut remercier pour ce DM !

Ce que nous lisons dans ce DM c’est : je ne suis pas le seul, je ne suis pas la seule, eux aussi ils ont de la colère, de la joie, de la honte, des poils aux bras et j’en passe 🙂
Ce DM fait du bien parce qu’il est profondément humain.

Je t’ai dit que quand je parle de moi, je parle de toi.

Toi aussi, tu parles de moi.

Ce qui nous réunit c’est la bienveillance, la tendresse, et une foi, même si elle est fragile, en l’humain. Bien sûr qu’on chougne parfois, c’est ça aussi la vie on ne va pas faire semblant que tout va bien tout le temps ! 🙂

Je suis heureuse de te connaître.

Je suis heureuse de ce que nous avons accompli.

Je suis fière de nous.

Je nous aime.

Pam


 

DM : voir ici

Une réflexion au sujet de « Quand je parle de moi, je parle de toi »

Laisser un commentaire